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Aéroport Martinique Aimé Césaire

L’aéroport Martinique Aimé Césaire est le seul aéroport international de la Martinique, il est situé sur le territoire de la commune du Lamentin à 5 km de Fort-de-France.

Il est de loin la première porte d’entrée et de sortie de l’île. Loin d’être une structure figée et gérée comme un patrimoine, on cherche aussi à augmenter son trafic, ouvrir de nouvelles lignes, l’embellir, il est dans une dynamique justifiant un article sur ce site internet.

Note : La SAMAC n’a pas participé directement à la réalisation de cet article, il est le fruit d’1 an d’observation.

 

L’aéroport en chiffres

 

Surface : 225ha

1 Aérogare passagers : 24.000m²
Capacité : 2.5millions de passagers par an
1 Tour de contrôle de 27m  en service depuis 1997


Parking avion
31 Places de parking (pour avion) sur la zone du terminal et du fret.
5 Postes avec passerelles
10 Postes hors passerelles

1 Aérogare fret : 9400m² qui permet d’accueillir 20 à 30.000 tonnes de fret par an

1 Zone d’Aviation Générale ( ZAG)
70-80 aéronefs maximum
Cafétéria, police, douanes, mini boutique
Aire de stationnement : 16.725m²

1 Base aérienne militaire

Piste de 3.3km de long pour 45m de large
Nature du revêtement : bitume
Aides à l’atterrissage : ILS Cat. I Balisage lumineux : HI – PAPI – Feux à éclats
Orientation 10/28

1 espace Aéroservice dans l’ancien terminale
plus de 1000 m2 piur les réunions, séminaires …

« Tous répondront aux exigences d’une rencontre professionnelle de qualité : bureau de 3 à 4 personnes, 6 salles de réunion pouvant rassembler jusqu’à 90 personnes, hall de réception de 400 à 500 personnes…prestations de qualité, stationnement facile, restauration possible, divers services, accès Internet Wifi. »

Siège de compagnie :

Airawak

Site officiel de l’aéroport

 

Présentation administrative

 

L’aéroport est géré depuis 2012 par la SAMAC (Société par Actions Martinique Aimé Césaire) une société avec des capitaux publics privés.

Runway 10

 Le numéro 10 sur la piste indique son orientation par rapport au nord … 10 Ouest = piste 10.
3.3 km de bitume s’étalent sous vos yeux.

 

Faire face aux enjeux

 

Avoir un aéroport dynamique, c’est surtout augmenter le trafic, faire voyager les martiniquais mais aussi y faire venir du monde ne serait-ce qu’en transit.

Ces mouvements ont une incidence sur les recettes de l’aéroport mais aussi en partie sur celles des collectivités et indirectement sur l’économie de la Martinique. Le problème est que cela ne dépend pas exclusivement des autorités aéroportuaires, mais aussi des compagnies aériennes, du marketing territorial, des relations entre la Martinique et le reste du monde :

L’ouverture de nouvelles lignes et l’augmentation du trafic : Ils supposent des prix attractifs, qui ne le sont pas forcément, surtout dans un contexte de crise, de baisse du pouvoir d’achat. Les autorités aéroportuaires et les compagnies ont tendances à se rejeter mutuellement la faute (comme partout), il faut dire que les intérêts financiers sont réels sur des liaisons à fortes demandes vers la Guyane, la Guadeloupe et la France hexagonale.
L’enjeu pour l’île est de ne pas se retrouver pénalisée, en particulier son secteur touristique, l’île visant à attirer 1 millions de touristes à l’horizon 2020.
La Samac a plusieurs fois eu le mérite de vouloir faire preuve de transparence, laquelle n’a pas permis de définir clairement le problèmes des prix des billets d’avions ( impossible de déterminer objectivement qui est le plus fautif), mais a permis en revanche de confirmer qu’il y a un mille-feuille administratif (franco-français ?) autour de taxes qui ont tendances à gonfler les prix des billets d’avions…

Quid du landing permit ? Il aurait tendance à empêcher l’île d’accueillir d’avantage de jets privés. Le landing permit est un ensemble de documents qu’aucune île de la Caraïbes réclame, à l’exception de la Martinique et de la Guadeloupe, et qui est relatif aux services nationaux en charge de l’aviation. La hausse du nombre de jets privés pourrait avoir des externalités positives pour le port du Marin le secteur du tourisme ou les artisans taxis par exemple. L’île bénéficie en effet d’un statut privilégié en terme de plaisance (1er port antillais au Marin) et l’accueil de jets privés irait de pair avec l’accueil de yachts/mégayachts privés au port du Marin ce qui générerait des retombés économiques (pouvant atteindre le million) pour l’île. C’est tout une synergie à trouver.*

*(Le futur portail Port Plaisance Croisière l’abordera – En cours)

Learjet Inc 31 (N5VG)

Martinique

Un marché caribéen qui s’essouffle !
Outre les problèmes de prix, l’ouverture de lignes nécessite des intérêts mutuels avec les destinations, un échange gagnant-gagnant … dans un marché caribéen structurellement handicapé. Les vols sont surtaxés, trop chers, le marché est découpé par les micro-territoires empêchant une harmonisation dans la politique des visas par exemple, les petites compagnies sont fragiles, les différences économiques limitent le nombre de passagers etc …

Créer un espace unique caribéen comme en Europe permettra aussi à des compagnies Low Cost de relier librement les îles. Mais pour les îles françaises ça serait complexe. La législation européenne contraignante est un handicape, celle-ci s’appliquant sur l’île comme–ci elle était en Europe.

Le marché international pour la Martinique semble anecdotique fautes de possibilité de mobiliser un nombre de passagers important dans les deux sens de la ligne par exemple. Par ailleurs la marge de manœuvre parait limitée, l’absence d’harmonisation avec l’aéroport de la Guadeloupe aurait aussi de plus en plus tendance à peser sur la Martinique.

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Perspectives

 

L’île en quête de développement endogène cherche des niches et la prise de conscience de l’intérêt de l’aéroport va dans ce sens. Dans un contexte d’ouverture et d’intégration dans la Grande Caraïbes, l’accent est mis sur les infrastructures aéroportuaires comme éléments clés, pour une intégration régionale dans une Caraïbes à l’espace aérien complexe. D’autre part les liens avec l’Amérique du Sud (Brésil) et l’Amérique du Nord ( Etats-Unis Canada) nécessitent des intérêts réciproques, dont le tourisme encore fragile pourrait devenir un élément déclencheur.

L’aéroport n’est pas exubérant, il ne manque pas moins d’ambition tout en faisant preuve de prudence ou de réalisme que certains seraient tenté de qualifier d’endormissement. Doit-on signaler d’abord que le passage à une société anonyme (Samac) aurait réduit les marges de manœuvre, et que l’île ne faisant pas partie du schéma des réseaux trans-européens ne bénéficie pas d’aide au financement d’infrastructures. (R-L Budoc) C’est un paradoxe quand on encourage l’intégration régionale.

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En terme de perspective de développement se dessine malgré tout plusieurs stratégies:

- De nouveaux aménagements de la piste sont envisagés pour donner la possibilité à l’aéroport d’accueillir l’A380 (à l’étude), lequel pourrait générer des gains d’échelles et faire baisser le coût des billets d’avion.

- Un hôtel Campanile de 100 chambres est prévu à l’aéroport ou non loin sur la commune du Lamentin.

- Des doubles passerelles devraient être installées prochainement pour faciliter les flux de passagers à la sortie et à l’entrée de l’avion

- Renforcer la desserte aérienne en visant différents marchés tel que :
-La Caraibes
-Le Brésil : Avec les événements sportifs ( mondial et JO) une offre pourrait être proposée au départ de Fort-de-France d’autant que l’île est susceptible d’accueillir des équipes en base avancée avant les JO. Par ailleurs elle ambitionne d’attirer les touristes brésiliens, renforcer les échanges dans un contexte de rapprochement économique entre l’île et certains Etats du Brésil (notamment le Para …)
-L’Amérique du Nord : La liaison avec Miami (American Airlines) se renforçant, des discussions pour une liaison directe avec New-York ont été engagées. L’île possédant plusieurs « bureaux » en Amérique du Nord dont un New-York.

Rotate !

- L’aérogare internationale va être embellie pour devenir la vitrine, la porte d’entrée valorisée de l’île. Ce relooking s’accompagnera d’animation et de meilleurs conditions d’accueil à travers une nouvelle gestion des flux de passagers

- Une synergie existe déjà et est en train d’être renforcée avec le monde de la croisière, si l’île est en tête de ligne (point de départ des bateaux de croisières), ce sont plusieurs milliers de touristes qui sortiraient d’Europe et passeraient par l’aéroport pour rejoindre leur bateau de croisière. Ça permettrait aussi à la production locale d’avoir de nouveaux débouchés.

- Des études prospectives, ont donné comme résultat, qu’il faudrait tabler sur une hausse du trafic pouvant atteindre + 700 000 personnes dans les 10 ans à venir, il y aurait eu la réflexion pour éventuellement élargir l’aérogare internationale à long terme.
Jadis il a existé pendant la première partie des années 2000 la réflexion pour la construction d’une 2e aérogare au sud, voire d’une deuxième piste. Le projet a été enterré.

- Un aérodrome pourrait être crée dans le nord de l’île à Basse-Pointe il permettra de désengorger la ZAG, désenclaver le nord de l’île et offrir des activités touristiques en lien avec l’aériens (saut en parachute …)

 

Aménagements autour de l’aéroport

 

En dehors de l’aéroport, il y a des aménagements prévus et qui peuvent avoir une incidence (in)directe sur celui-ci.

- Le tram-bus de Martinique est censé rouler à partir de fin 2015 il desservira l’aéroport permettant aux voyageurs de relier l’aéroport au Lamentin et Fort-de-France sans utiliser de voiture. De plus au bout de la piste 10 au niveau de l’échangeur de Carrère sera implanté un parking-relais destiné aux usagers en provenance du Sud de l’île. Un viaduc traversera l’autoroute A1 et l’échangeur à la sortie de l’aéroport verra sans doute sa morphologie changer.

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Tram-bus pour fin 2015 à l’aéroport.

La marina du Port-Cohé à côté de la piste d’atterrissage va être réaménagée. A terme il pourrait être possible alors de prendre la navette maritime depuis l’aéroport pour rejoindre Fort-de-France ou la ville touristique des Trois-Îlets où se concentrent de nombreux hôtels.
Avec cette marina une petite zone commerciale et un parcours sportifs pourraient voir aussi le jour.

 

Evénement : Martinique Air Show

 

MAS

A un intervalle plus ou moins régulier de 2_3 ans, l’aéroport accueil dans son enceinte le Martinique Air Show (MAS). Il s’agit d’un événement à l’américaine mêlant show aérien, visite d’aéronefs, conviant des exposants et pilotes internationaux.
L’événement à la capacité de drainer du monde et des touristes par son originalité dans la Caraïbes. Pourquoi pas l’intégrer dans l’offre touristique martiniquaise ? (qui ne se résume pas qu’au madras et au doudouisme). Il faut une réelle prise de conscience de l’originalité de cette manifestation en Martinique, qui devrait faire converger organisateurs et représentants de collectivités pour gagner en reconnaissance, acquérir des aides européennes ou des collectivités locales. Le Martinique Air Show peut devenir un relais des salons aéronautique européens (le Bourget), il pourrait alors servir de vitrine caribéenne/sud-américaine du savoir-faire européen dans l’aéronautique, voire spatial ( en lien avec Ariane en Guyane). Pourquoi pas l’intégrer comme étape caribéenne, des shows nord-américains pendant qu’on y est ?
Il y a un potentiel à exploiter, qui peut être ne le sera pas, mais mérite au moins réflexion !

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En plus …

 

- Les bâtiments de la ZAG mériterait un petit lifting ne serait-ce qu’en terme d’image envoyée à ceux qui y font escale.
- Il faut installer en Martinique une synergie entre l’aéroport et les activités sur l’île dont le tourisme. Dans le cadre de la collectivité unique il y aurait-il la possibilité alors d’établir une société veillant à cette synergie ?
- Pourquoi ne pas développer une offre commerciale/tertiaire à l’aéroport pour générer des recettes ?
- Renforcer les liens avec Trinidad
- S’attaquer aux marchés émergents tel que le Brésil ou le Mexique dans les années à venir.

 

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Cet article fait partie du Portail Transport Aérien de Gaethblog

Albums photos repérés :

Yoann B 

Mael A 5 (remerciement pour les droits photos)

Cedric OLF 

Florian Couff (remerciement pour les droits photos)

Sylvain Charleton-Guitteaud ( remerciement pour les droits photos)

Sites en lien avec l’aéroport:

Site Internet : Antilles Spotting

Site Internet : RiriAviation972