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Grand Port Maritime de la Guadeloupe
Un port ambitieux

Suite à l’élargissement programmé du canal de Panama des plus gros navires circuleront et feront escales dans les ports équipés qui serviront de plateforme de redistribution (hub) à destination des autres ports qui ne peuvent accueillir que des bateaux plus petits. On parle de transbordement pour qualifier le passage des conteneurs d’un navire à l’autre au sein de ces hubs.
En réaction, le grand port maritime de Guadeloupe envisage de s’élargir afin de pouvoir développer le transbordement en accueillant des plus grands bateaux et capter une partie du trafic maritime. L’élargissement du port lui permettra aussi de ne pas se retrouver mis au second rang, ce qui pénaliserait l’économie de l’archipel avec des surcoûts d’importation (et d’exportation), lié au passage de la marchandise dans d’autre port avant d’arriver dans l’archipel.

Coût initial de l’opération : 210 millions d’euros

Actuellement, la première tranche des travaux a commencé avec l’extraction de 7 millions de m3 de sédiments, coraux et herbiers.
A terme, une plateforme (à gauche sur l’image ci-dessous) sera réalisée.

 

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( Source: Caribbean Shipping Association)

Des limites

Néanmoins l’élargissement du port ne laisse pas indifférent, il essuie des critiques.
Concernant ses effets sur l’économie, s’il s’avère que l’arrivé de post-panamax permettra d’importer à moindre coût, certains craignent la concurrence exercée par les produits importés, sur les produits locaux.

Les travaux sont pointés du doigt à cause de leur impact sur l’environnement. Les marins-pêcheurs craignent les effets des travaux avec le déplacement de sédiments potentiellement pollués. De plus, la Fédération Nature Environnement  a critiqué le projet, et l’autorité environnementale du conseil général de l’environnement et du développement durable a souligné des limites, comme  la dispersion des sédiments et le risque de leur mise en suspension lors des opérations de dragage.

La pertinence du projet est remise en question. D’abord, les armateurs se sont peu intéressés aux ports de Guadeloupe et Martinique, à l’exception de la CMA-CGM, qui a renégocié les programmes d’extension des deux ports. Ensuite, l’archipel n’étant pas sur les grandes routes maritimes qu’elles sont les garantis que des navires à la sortie du canal convergeront vers la Guadeloupe ?  Dans un article du Monde on pouvait lire que  »Pointe-à-Pitre n’est pas sur les rangs pour accueillir ces mastodontes, mais ambitionne de recevoir la génération précédente qui devrait être réaffectée sur des lignes régionales. ». L’emploi du conditionnel fait peur.
Enfin, il existe un projet similaire en Martinique, est-ce que l’UE financera deux ports potentiellement concurrents ?

Des réactions

Pour rassurer sur les questions environnementales le port a lancé un programme de surveillance des cétacés et sur les sédiments, durant et après les travaux. De même, des études ont eu lieu pour identifier les coraux à transporter. Le port se veut innovant sur les questions environnementales.
Un site internet a destination du public a été mis en ligne, ainsi que le compte rendu de l’enquête publique réalisée.